Située à environ huit kilomètres au nord-ouest de Chartres, la commune de Bailleau-l’Évêque appartient à l’aire d’attraction chartraine et s’inscrit dans l’espace historique de la Beauce, territoire marqué par une occupation humaine très ancienne et une forte structuration religieuse dès le haut Moyen Âge.
I. Historique de la commune
L’existence de Bailleau-l’Évêque est attestée dès le Xe siècle. Le village apparaît notamment sous la forme Baliolum vers 977 dans une charte du chapitre cathédral de Chartres, preuve de son intégration précoce dans les domaines relevant de l’autorité ecclésiastique chartraine.
Durant la période médiévale, la paroisse dépend directement du temporel de l’évêché de Chartres, ce qui explique l’adjonction du qualificatif « l’Évêque » à son nom afin de la distinguer des autres localités voisines portant la même racine toponymique.
À la Révolution française, la commune prend provisoirement le nom de Bailleau-les-Bois, dans le cadre de la politique de déchristianisation visant à supprimer les références religieuses dans la toponymie. Elle est alors rattachée au district de Chartres entre 1790 et 1795 et devient chef-lieu de canton jusqu’en 1800.
Au XIXe siècle, le territoire bénéficie de la desserte ferroviaire de la ligne Chartres-Dreux entre 1873 et 1971, favorisant les échanges économiques et humains avec le bassin chartrain. Durant la Seconde Guerre mondiale, la commune accueille par ailleurs un dépôt de munitions sur son territoire.
II. Origine et évolution du nom
Le nom de la localité est mentionné sous diverses formes au cours des siècles :
L’étymologie du toponyme « Bailleau » provient vraisemblablement :
Le suffixe « l’Évêque » renvoie à l’ancienne appartenance de la seigneurie aux évêques de Chartres, traduisant l’importance du pouvoir ecclésiastique dans la structuration foncière locale durant le Moyen Âge.
III. Patrimoine communal
Le patrimoine de Bailleau-l’Évêque témoigne de l’ancienneté de l’occupation humaine et de son intégration dans les grands projets hydrauliques et seigneuriaux de l’Ancien Régime.
1. Patrimoine religieux
Église
Saint-Étienne
Édifiée au XIIe siècle, elle constitue l’un des principaux témoins de
l’organisation paroissiale médiévale et de l’autorité épiscopale sur le
territoire communal.
2. Patrimoine civil et seigneurial
Château de
Levesville
Construit à la fin du XVe siècle puis remanié au XVIIe siècle, ce château
entouré de fossés secs est inscrit au titre des monuments historiques depuis
1976 pour ses façades et toitures.
Château d’Alonville (ancien « chasteau d’Alonville »), situé au hameau de Dallonville.
3. Patrimoine hydraulique et archéologique
Le territoire communal conserve plusieurs vestiges du canal de l’Eure, également appelé « rivière Louis XIV », projet initié en 1684 sous la direction de Vauban afin d’alimenter en eau les fontaines du château de Versailles. Les travaux furent interrompus vers 1688 en raison de la guerre de la Ligue d’Augsbourg.
La commune présente également une quinzaine de sites archéologiques recensés (enceintes, fossés, anciens enclos, voies anciennes), attestant d’une occupation humaine structurée antérieure à l’époque médiévale.
IV. Personnalités liées à la commune
Antoine
Auguste Barthélémy (1766-1830)
Député d’Eure-et-Loir sous la Révolution française, il fut propriétaire du
château de Levesville et exerça les fonctions de maire de Bailleau-l’Évêque en
1830. Son implantation locale témoigne du rôle des notables ruraux dans la
structuration administrative et politique des communes beauceronnes au début du
XIXe siècle.
Louis‑Alexandre
de Cessac (1756-1832)
Général de division sous le Premier Empire et ministre de la Guerre de Napoléon
Bonaparte entre 1810 et 1811, il fut propriétaire du château d’Alonville
situé sur le territoire communal (hameau de Dallonville). Pair de France sous
la Restauration, il incarne la continuité des élites administratives et
militaires entre l’Empire et la monarchie restaurée.
V. Blason de la commune
Blasonnement : d'or à une crosse à l'antique de pourpre penchée vers senestre, adextrée d'un chêne au naturel fruité de 5 glands du champ et senestrée d'une hure de sanglier de sable défendue d'argent ; au chef d'azur chargé d'un mur non crénelé d'argent maçonné de sable, ouvert du champ et flanqué de 2 tours rondes aussi d'argent, sans porte, maçonnées et pavillonnées aussi de sable.
Sources
V. Votre Agglo 100 Magazine Chartres Métropole : https://www.calameo.com/read/000085683bf560f6dade2
